La vie des enfants à Notsé

Les enfants du Togo

En février 2105, alors que nous préparions une grande exposition au CDI sur les enfants du Togo et plus particulièrement de Notsé, nous avons décidé de correspondre davantage, par mail, avec sœur Marie-Bénédicte. Nous voulions mieux comprendre les conditions de vie de ces enfants et le témoignage d’une femme, impliquée sur place, serait plus instructif que toutes les informations théoriques que nous pouvions trouver sur Internet. Nous avions une réelle volonté de mieux connaitre les conditions sociales des enfants du village de Kpédigni à Notsé. Marie-Bénédicte s’est montrée très disponible et nous a donné de nombreuses informations concernant :

les soins – Dans le village, les enfants n’ont pas accès aux soins. il n’y a aucune structure (Cabinet médical ou infirmerie) autre que celle de l’école. D’ailleurs, celle-ci n’a pas non plus les moyens de prendre en charge un infirmier. Le premier hôpital se trouve à 15 km de Notsé et, pendant la saison pluvieuse, les gens sont encore davantage enclavés parce que les motos-taxis ne peuvent pas s’y rendre à cause de la route de terre. En revanche, le point positif, c’est que grâce aux campagnes de sensibilisation pour la vaccination qui couvrent aussi le village, la mortalité infantile a beaucoup diminué.
la scolarité – Une famille a en moyenne 6 enfants mais seule la moitié est scolarisée jusqu’au CM2 (13/14 ans). Parmi les enfants scolarisés, les filles ne sont qu’une minorité. Les enfants non-scolarisés aident leurs parents aux travaux, domestiques pour les filles et agricoles pour les garçons. A partir de 8/9 ans, tous les enfants participent aux tâches ménagères. Malgré cela, les enfants vivent dans la joie et sont très heureux quand ils peuvent aller à l’école ! Cela nous a surpris, nous, jeunes mongréens, qui préférons rester chez nous plutôt que venir en cours, mais cela se comprend car le temps passé à la maison équivaut, pour nous, à des moments de détente et de repos.
Malheureusement, à cause des bouleversements climatiques, les routes sont de plus en plus impraticables et beaucoup d’enfants ne vont plus à l’école car ils abandonnent en cours de chemin. Cela est très préjudiciable à leur réussite scolaire. C’est pour pallier ces manques que la classe de 2de1 a choisi de collecter des livres. Nous espérons que les albums envoyés sur place serviront de supports pédagogiques aux enseignants et donneront le goût de la lecture aux élèves.
l’alimentation – Beaucoup d’enfants viennent à l’école affamés et y restent jusqu’au soir. Il faut noter que les cultures sont moins productives qu’avant à cause des bouleversements climatiques. Les terrains sont régulièrement inondés alors que les habitants du village ne vivent que de ces produits agricoles. De plus, il n’y a pas de moyens de conservation des aliments (absence d’électricité). C’est au jour le jour qu’il faut les préparer et cela engendre une pénurie de nourriture. Heureusement que les grains (maïs, mil, soja, haricot), eux, peuvent être conservés… hélas, cela ne suffit pas pour que les familles mangent à leur faim.

Alexandre Jambon, Thiphaine Brunet et Hugo Buy, seconde 1
Cet article a été écrit dans le cadre de l’EDD (C. Lecocq-Hubert), des cours d’ECJS (N. Mergoux) et en lien avec la pastorale (C. Liénard)

Les enfants du Togo

La vie des enfants à Notsé

Matraitance au Togo

Dans le cadre de notre action pour le Togo, le sujet de la maltraitance a été abordé par des affiches. La maltraitance est un fléau trop répandu au Togo. Dans la société togolaise, la maltraitance est vue par certains comme une forme d’éducation, malgré son interdiction.
Trafic d’enfants au Togo
Au Togo, près d’un enfant togolais sur huit traverse la frontière de gré ou de force, poussé, par des trafiquants. Ces enfants sont envoyés dans des pays voisins pour être exploités.
L’excision

La pratique des mutilations génitales féminines persiste au Togo. Toutefois, son niveau se révèle relativement bas par rapport aux années précédentes.
Ainsi, environ 6,9% des femmes et des filles de moins de 60 ans sur l’ensemble
du territoire sont excisées. Les femmes du milieu rural (7,4%) sont plus touchées que celles
du milieu urbain (6,3%).
Le niveau de prévalence des mutilations génitales féminines est fonction de l’ethnie. Cependant les
entretiens avec les leaders religieux montrent que la pratique de l’excision n’est pas une
recommandation de la religion.
Les analyses selon les tranches d’âge révèlent une tendance à la baisse de la pratique de
l’excision des anciennes générations aux nouvelles. En effet, 26% des excisées ont entre 46 et
59 ans, 21% sont âgés de 36-45 ans contre seulement 3% qui ont un âge compris entre 15 et
25 ans.
Par rapport aux actions concrètes de lutte contre l’excision, il se dégage en priorité l’existence
de la loi du 17 novembre 1998. Mais, il ressort de l’étude que cette loi est méconnue par une
grande partie de la population.

Scolarité au Togo

La vie des enfants à Notsé2

L’accès et le maintien des enfants de 5 à 15 ans jusqu’à la fin du cycle primaire ont subi plusieurs améliorations :
– le taux net de scolarisation est passé de 75 à 90% ;
– la parité entre les sexes est passée de de 0,9 à 1 ;
– le taux d’achèvement net de la scolarisation est passé de 23 à 50%

Victor Vié, Antoine Lemoine, Nicolas Tremblay et Edgar Davelu

Cet article a été écrit dans le cadre de l’EDD (C. Lecocq-Hubert), des cours d’ECJS (N. Mergoux) et en lien avec la pastorale (C. Liénard)

Expo sur le Togo

En vue de l’évènement concernant les droits de l’enfance, la classe de 2de1 a mis en place une exposition traitant spécifiquement des droits des enfants en Afrique et au Togo. Notre groupe a pris part à ce projet.

A cette occasion, nous avons rencontré des bénévoles de l’Unicef et une religieuse Sœur Marie-Madeleine.

Après de nombreuses recherches documentaires, nous avons pu recueillir assez d’informations sur les enfants au Togo pour mettre en place un affichage dans le cadre de l’exposition installée dans le CDI de notre établissement.

Ce travail et ces rencontres nous ont permis d’enrichir notre culture personnelle. Nous sommes également plus sensibilisés à la solidarité internationale.

Objet africain qui symbolise la solidarité car il faut de nombreuses mains pour empêcher l'eau de s'échapper !

Objet africain qui symbolise la solidarité car il faut de nombreuses mains pour empêcher l’eau de s’échapper !

Le Togo abrite 7,5 millions de personnes dont 40,8% sont des enfants de 0 à 14. Une grande partie d’entre eux, bien qu’en âge d’aller à l’école primaire ne sont pas scolarisés ; de plus, entre 2008 et 2012 plus de 60, 4% des adultes étaient analphabètes (source UNICEF). Ainsi est- il primordial que le Togo améliore rapidement l’éducation mais aussi la santé et la protection de l’enfant.
En effet, les conditions de vie des enfants restent difficiles encore aujourd’hui. Cependant, certains aménagements ont été mis en place tels que des écoles. Il existe des inégalités : si 3 enfants par famille sont scolarisés jusqu’au CM2, il y a une différence entre les filles et les garçons : 77,3 % des garçons sont scolarisés jusqu’à 14 ans pour seulement 71,8% des filles. Ces chiffres sont étonnants, tout simplement parce que les garçons comme les filles commencent à travailler à partir de 8-9 ans, mais aussi parce que les jeunes filles peuvent être enceintes très tôt, ou encore parce que les parents des familles pauvres privilégient l’éducation des garçons, les filles étant destinées à être mariées précocement et vouées aux travaux domestiques, selon l’ONG IIMA. Certains enfants doivent parcourir des kilomètres pour aller à école. De plus, une fois arrivés, ils n’ont pas assez de matériel scolaire pour travailler et ils peuvent être plus de 80 élèves dans une même salle.
Au Togo, selon l’UNICEF, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans, bien qu’en baisse, était en 2012 de 96 pour 1000, causé notamment par des infections diarrhéiques. Plus généralement, la population est principalement touchée par le paludisme, la fièvre jaune, le VIH… Le pire est que le Togo n’a pas accès à autant de traitements que les pays riches, par exemple il n’y a que 0.37 lits d’hôpital pour 1000 habitants au Togo ou bien une seule unité de soins pour 8500 habitants environ.
Les enfants togolais font face à différentes formes de maltraitance. La grossesse précoce en fait partie ; ainsi 5 jeunes filles sur 100 abandonnent l’école chaque année du fait de grossesses non désirées. Plus généralement 14 millions de filles sont mariées de force dans le monde et 15 % sont en Afrique. En Afrique, 25 % des filles de 18 ans sont mariées de force ainsi que 6 % des filles de 15 ans dont 7,3 % sont mineures et mères, selon l’UNFPA (Fond des Nations Unies pour la Population). Enfin, les jeunes togolais sont nombreux à être victimes de maltraitance. Il y a plusieurs types de maltraitance, la violence physique qui touche un enfant togolais sur 4, mais aussi la violence psychologique.
Ce projet nous aura donc permis de nous représenter plus concrètement la vie d’un enfant au Togo. Sa vie de tous les jours comparée à la notre est bien différente et beaucoup plus dure. Nous, les ados vivant en France, nous plaignons d’aller au lycée, mais les enfants du Togo aimeraient bien être à notre place. Ainsi « notre plus lourde faute serait de ne pas nous rendre compte de notre BONHEUR » face à tous ces défis que doivent relever les enfants du Togo.

Lua, Océane, Mathis et Sarah
Cet article a été écrit dans le cadre de l’EDD (C. Lecocq-Hubert), des cours d’ECJS (N. Mergoux) et en lien avec la pastorale (C. Liénard)

Des albums pour le Togo

Des albums pour le Togo1
Comme vous le supposez peut-être, les enfants du Togo n’ont pas les mêmes possibilités que nous de s’instruire et de bénéficier d’un enseignement de qualité.
Notre classe de seconde 1, qui a pris le relais de l’échange commencé il y a deux ans avec le Togo, a donc décidé de collecter et d’envoyer des albums (livres à couverture souple) aux enfants de Notsé.
Le but étant de les aider dans l’apprentissage de la langue française. C’est pourquoi nous avons mis à contribution tout l’établissement lors d’une grande collecte organisée par le CDI.
A l’occasion de celle-ci, nous avons créé des affiches, inventé des slogans, utilisé des photos prises par par les religieuses du village de Notsé.
Ces affiches ont été exposées dans tout l’établissement afin de sensibiliser les élèves de toutes les classes, de la maternelle à la terminale. Nous avions deux semaines pour collecter un maximum d’ouvrages.
Pour être sincère, dans un premier temps, notre récolte n’a pas été très fructueuse. Nous avons donc décidé de lancer un défi inter-classes autour de ce projet et là le succès fut au rendez-vous !
Nous avons collecté, en effet, 986 albums. Cécile Lecocq, professeur- documentaliste, a sélectionné les plus adaptés aux togolais et Sœur Catherine a commencé à les acheminer en Afrique.

Des albums pour le Togo 2

Les magazines non exploitables par les enseignants de Notsé ont été donnés aux Restos du cœur de Villefranche. Monique, la responsable de l’association, a été très reconnaissante de ce don : « Nous avons récupéré toutes les revues mises à notre disposition ! Aussitôt reçues, des bénévoles ont trié et classé pour les ranger et les mettre en attente pour notre prochain arbre de Noël. Les restaurants du coeur vous REMERCIENT très SINCEREMENT pour cette initiative. »
Comme quoi, les solidarités internationale et locale ne sont pas en concurrence !

Chloé Cheynet, Pauline Jacquet, Gauthier Hamy et Mayssa Naït-Idir, seconde 1
Cet article a été écrit dans le cadre de l’EDD (C. Lecocq-Hubert), des cours d’ECJS (N. Mergoux) et en lien avec la pastorale (C. Liénard)

Trois propositions d’agriculture écologique pour aider la communauté de Notsé

Dans le cadre des cours de géographie sur le thème « Nourrir les hommes » et en lien avec le projet Togo, nous avons visionné un reportage intitulé Les moissons du futur. Réalisé en 2012 par Marie-Monique Robin, il traite des solutions alternatives pour résoudre la crise alimentaire à laquelle le monde doit faire face.

Trois propositions d’agriculture

Parmi ces solutions il évoque des méthodes d’agro-foresterie et d’agro-écologie capables d’aider des pays du Sud à produire plus et de manière durable.
L’agro-écologie repose sur l’utilisation d’une combinaison de plantes visant à augmenter de façon écologique (sans pesticides et engrais chimiques) et naturelle les rendements d’une culture. L’agro-foresterie, elle, est l’utilisation d’un arbre pour augmenter les rendements agricoles.
Trois types de culture écologique nous ont paru intéressants à appliquer à Notsé.
Tout d’abord le push-pull est une forme d’agro-écologie, pratiquée au Kenya pour produire du maïs ; c’est une combinaison de deux plantes, le desmodium et l’herbe à éléphants. Le desmodium est une plante légumineuse qui fixe l’azote (engrais naturel) de l’air dans le sol et conserve l’humidité des sols. Elle a aussi comme intérêt de repousser la pyrale du maïs un insecte parasite de maïs qui ravage les cultures en creusant des galeries dans ses tiges et provoque d’importantes baisses de production. L’herbe à éléphant, dans le même temps, attire la pyrale qui vient pondre ses œufs sur son feuillage. Les larves qui en sont issues sont piégées et tuées par la substance collante produite par cette herbe. En outre le desmoduim tue l’herbe des sorcières, parasite végétal cette fois, qui s’attaque aux racines du maïs. Ainsi, grâce au desmodium, on pratique un contrôle biologique de la culture, et les rendements sont fortement augmentés, jusqu’à 120 fois plus de production sur une période de 3 à 10ans. Les bienfaits de cette technique ne s’arrêtent pas là puisque l’herbe à éléphant et le desmodium servent aussi de fourrage pour le bétail et la production de lait a été multipliée par 3 dans le même temps. Au final, les populations qui pratiquent le push-pull sont mieux nourries, et peuvent vendre leurs surplus au marché. Cela permet le développement local à moindre coût.

Ensuite nous avons retenu une forme d’agro-foresterie : la culture avec le gliricidia. C’est une sorte d’arbre légumineux comme le leucaina ou l’acacia. Elle est notamment pratiquée au Malawi. Trois fois par an, on enfouit dans le sol des branches de cet arbre, ce qui va augmenter la fertilité des sols, mais aussi conserver l’humidité et permettre ainsi de lutter contre la sécheresse. On augmente ainsi les rendements par 2 ou 3. Pour un champ de 2,5 hectares de gliricidia, 3 ans plus tard, on récupère 5 tonnes de maïs supplémentaires. Cette pratique agricole a été développée par l’ICRAF, centre mondial d’agro-foresterie.

Enfin la troisième pratique est appelée la milpa. C’est la encore une forme d’agro-écologie. Elle est utilisée au Mexique. C’est une combinaison de trois plantes vivant en symbiose (le haricot la citrouille et le maïs). Le maïs sert de tuteur pour les haricots qui sont des plantes légumineuses aussi et les feuilles de citrouille permettent de garder l’humidité du sol. Toutes ces plantes peuvent servir de fourrage pour les animaux. Leur combinaison permet d’augmenter les rendements et d’éviter aux parasites de proliférer du fait de la présence sur une même parcelle de plusieurs espèces végétales.

Ces trois formes d’agriculture écologique sont donc un espoir, nous semble-t-il, pour aider la communauté de l’Assomption de Notsé au Togo à faire progresser son agriculture, à augmenter ses rendements et donc sa production.

Ce travail a été réalisé dans la classe de seconde 1, en lien avec  l’ECJS et l’EDD (N. Mergoux et C. Lecocq-Hubert).

Solidarité internationale/Développement durable

Succès de l’expo/vente organisée la semaine du 19 au 23 mai au CDI par les classes de 2de 1 et 3.

 

• La campagne « Un stylo pour le Togo » a permis de récolter 5862 stylos.

 

Un stylo pour le Togo affiche (3)

compte de stylos
• De nombreuses classes ont pu rencontrer deux associations « Projects Abroad » et « Arvel ».

solidarité internationale 2

solidarité internationale 3
• Beaucoup d’élèves et quelques familles ont visité l’exposition qui portait sur notre échange avec la communauté de Notsé au Togo et sur le tourisme durable.

• La vente de produits artisanaux et équitables (fournis en grande partie par Artisans du monde) a rapporté 1061 euros.

Cet argent qui sera intégralement reversé à l’école de Notsé.

 

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• Célène Maquart, responsable des lycées éco-responsables à la Région Rhône-Alpes est venue, à cette occasion, réaliser un reportage sur la démarche d’éducation au développement durable à Mongré et un film est en cours de réalisation.

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Merci à tous pour votre soutien solidaire !

Un séminaire sur la solidarité à la Région

Le mercredi 20 février 2013, deux élèves de seconde 4, Matthieu Boutry et Thomas Aubert, ont assisté au séminaire des lycées éco-responsables présidé par Jean-jack Queyranne, président du conseil régional et Sylvie Gillet de Thorey, vice-présidente du conseil régional et déléguée aux lycées. Organisé par le conseil régional et sur le thème de la solidarité locale et la coopération internationale, ce séminaire s’est déroulé à l’hôtel de la Région dans le quartier de Confluence à Lyon ; il avait pour but de partager et de capitaliser la démarche des lycées éco-responsables.

Dans le cadre de l’ECJS, la classe de 2°4 réalise un projet de solidarité internationale en coopération avec une communauté éducative de l’Assomption installée à Notsé, au Togo. Les trois axes de ce projet portent sur :
le domaine éducatif, avec la création d’un échange  entre nos classes du primaire et l’école de Notsé. Nous savons que là-bas, les conditions d’enseignement sont très difficiles ; l’accès à l’école est, par exemple, impossible lors d’intempéries alors que la construction d’un pont permettrait  aux élèves de surmonter ce problème ;
le développement du jardin potager du village qui reste, à ce jour, très rudimentaire ;
la création d’un foyer destiné aux adolescents en difficulté.
Nous avons choisi ces trois pôles dans la mesure où, à Mongré, nous possédons une école primaire, un potager pédagogique biologique et un foyer des lycéens.

C’est donc dans l’optique de recevoir des conseils utiles à notre projet que nous avons assisté à ce séminaire qui dura toute la journée. Le matin, tout d’abord,  nous avons pu suivre une conférence dans l’amphithéâtre sur les enjeux et la définition de la solidarité. La grande question était : comment ces projets permettent-ils l’engagement des jeunes ?
Tout d’abord, dans sa dimension culturelle, la solidarité est la découverte de l’autre et de sa problématique, le moyen de traiter un problème au travers d’autres cultures peut être source de découvertes. Elle peut se « pratiquer » avec des personnes proches de nous géographiquement ou dans le cadre d’une coopération plus lointaine. Dans ce cas, la Solidarité est souvent entendue dans un axe Nord-Sud, en  effet l’académie de Grenoble travaille avec trois académies du Sénégal, mais la solidarité se pratique aussi dans un axe Ouest-Est, avec des actions en Russie par exemple.
La Solidarité est pensée, de nos jours, dans l’optique du développement durable et de l’écologie, car notre planète Terre, foyer de l’Humanité est un bien commun, fragile et il faut donc en prendre soin. On remarque d’ailleurs, que les populations les plus démunies sont les premières victimes de la dégradation de la planète ; beaucoup de pays occidentaux, par exemple, entreposent leurs déchets chez leurs voisins du Sud !
Mais peut-on parler de la solidarité ou des solidarités ?
La solidarité est le lien entre les êtres, ce qui les unit. C’est un sentiment qui nous pousse à aller vers l’autre, basé sur l’empathie. Si l’autre va mal, je vais mal, tel est le principe de la solidarité. Elle a une valeur humaine et se rapporte donc à l’humanisme. La Solidarité se vit souvent mieux dans une expérience à l’étranger dans la mesure où celui qui veut aider, se sent lui-même étranger.
Mais quels bénéfices tire-t-on à être solidaire ? Tout d’abord, on gagne une satisfaction personnelle, c’est le premier « moteur » de l’action ; agir avec les autres fait que l’on se sente mieux. Il est vrai que lorsqu’on part à l’étranger, par exemple, on peut se demander si on le fait pour nous ou pour autrui ! On  le fait pour les deux et l’altruisme pur est sans doute un idéal mais l’essentiel est de s’engager. On pourrait dire qu’« être solidaire, c’est être égoïste tous ensemble ».
Cela dit, pour éviter ces effets pervers, celui qui monte un projet solidaire a donc besoin d’être bien au clair avec lui-même. De plus, le projet doit être durable sinon il sera stérile.  Le montage d’un projet solidaire par des élèves reste délicat car ils ne sont ni le personnel d’un ministère ni les membres d’une association.

Vers 11h a eu lieu une table ronde avec différents lycées éco-responsables ou associations (Croix rouge, Lycée Roanne, Chervé, Noirétable…) où chacun présenta ses actions dans le cadre de la solidarité, pas forcément à l’étranger. Nous avons alors pu constater, qu’au sein des lycées éco-responsables, Mongré n’était pas le seul à monter des projets de grande envergure.
Ensuite fut remis le trophée Fluid’ Art. Les gagnants sont les élèves d’un lycée technique ayant réalisé une machine, fonctionnant à l’électricité, imitant un visage et capable de sourire et de parler !

L’après-midi, fut consacré à différents ateliers :

  • Comment créer un lien durable dans un projet solidaire ?

Le point de départ d’un projet de solidarité est le travail en réseau (ici), en partant de ce qui existe déjà au sein et autour du lycée. S’inscrire au minimum dans une dynamique existante permet de créer des liens durables, notamment en s’appuyant sur son environnement proche. On ne travaille pas seul. Durabilité ne veut pas forcément dire continuité ; de plus, les partenaires du Sud attendent d’être pris au sérieux, il ne faut pas seulement apporter de l’aide sans rien attendre en retour. On cherchera une relation bilatérale. Il faut, en plus, se baser sur ce que l’on sait faire et travailler avec les compétences dont on dispose. Il est nécessaire de profiter de la volonté de chacun et de s’organiser en visualisant bien notre objectif premier.
Comment monter un projet local solidaire ?
La méthodologie du projet est capitale. Là aussi il est nécessaire d’identifier l’idée et d’inscrire le projet dans un contexte. Ensuite il faut déterminer les objectifs du projet. Où veut-on  arriver ? On repère l’ensemble des ressources disponibles (ressources humaines, matérielles et financières) et on établit un retro-planning (gestion du temps), très important pour un suivi efficace du projet, il est nécessaire de veiller à programmer l’organisation des tâches et leur ordonnancement.

  • Comment donner au lieu de jeter ?

Différents organismes relatifs à des opérations de dons de nourriture  provenant de restes dans des cantines témoignent. Ils conseillent ceux qui auraient pour idée de suivre cette voie. Ici aussi la méthodologie est très importante, comme dans tout projet il est indispensable de s’organiser et ne pas hésiter à faire appel à des partenaires, pour être aidé. Le don de restes alimentaires est délicat du fait des exigences, par rapport aux dates limites de consommation ; en effet, il est en général interdit d’utiliser les restes, et les cantines scolaires essaient un maximum d’adapter leur production à la demande pour éviter les pertes. L’association La Cantine Savoyarde Solidarité, représentée par son directeur Alain Destournelle, récupère ces surplus de nourriture non servie de 15 établissements scolaires et en fait profiter les plus démunis en France. L’association ne fut jamais responsable d’incident sanitaire depuis sa création il y a 30 ans. Elle travaille en partenariat avec des écoles maternelles et lycées en période scolaire et avec des organismes comme les Restos du Cœur ou la Banque Alimentaire pendant les vacances.
Face au problème du gâchis, les objectifs sont de limiter les excédents de production.

  • Comment renforcer le dispositif des lycées éco-responsables ?

Suite aux difficultés identifiées telles que la mobilité des personnes dans les établissements, le manque de temps ou l’utilisation pertinente des moyens financiers (subvention de la Région), cet atelier est mené pour pérenniser le dispositif des lycées éco-responsables. Ci-dessous quelques-unes des propositions, destinées aux établissements et aux équipes éducatives  pour pérenniser la démarche :
– considérer l’engagement dans le dispositif « lycées éco-responsables » comme un engagement politique de l’établissement ;
– mieux communiquer sur le dispositif en interne, évaluer systématiquement les projets conduits ;
–  mutualiser sur ce point ;
– renouveler les approches avec les élèves, par rapport à la méthode de discussion…

  • Comment monter un  projet à l’international ?

Cet atelier est animé par M. Charbonnier  dont  l’établissement de formation d’apprentis, l’AFPM,  travaille à l’international depuis 2006, notamment au Burkina-Faso, au Mali et aujourd’hui au Laos où les élèves bâtissent un château d’eau. Pour monter un  projet à l’international,  il est nécessaire de bien connaître le pays (politique, conditions…). On peut aussi très bien monter des projets dans des pays occidentaux. Dans tous les cas, il est très important de développer un réseau, on a besoin de partenaires afin d’obtenir des fonds ou de l’aide. La région Rhône-Alpes peut financer ce projet mais pas seulement ; il est nécessaire de s’interroger sur sa propre ville ; peut-être certaines entreprises, associations accepteraient d’apporter leur aide ?

A partir de 16h, le compte-rendu de chaque atelier fut exposé avant la clôture du séminaire.

Matthieu Boutry et Thomas Aubert, seconde 4

Ce travail a été réalisé dans le cadre des cours d’ECJS (N. Mergoux) et en partenariat avec le CDI (C.Lecocq)