Revue de presse sur les algues vertes en Bretagne

Algues vertes : les agriculteurs bretons en colère contre le préfet

D’après le Figaro du 22.10.2009

Une note du préfet des Côtes-d’Armor destinée au Premier ministre et divulguée mardi soir par la presse locale a fait réagir vertement hier les agriculteurs bretons qui se sentent particulièrement visés dans ce document prônant un changement « profond » de leurs pratiques. La profession agricole « n’est pas prête » à accepter le « changement profond des pratiques » qui serait nécessaire pour aboutir à « une diminution visible et notable » du phénomène des algues vertes, constate-t-il. Le phénomène ne peut donc que « perdurer » faute de « révolution » des pratiques agricoles et d’un « changement complet du modèle économique existant » dans les bassins versants concernés, poursuit le texte.

Régulièrement pointés du doigt dans la prolifération des algues vertes en Bretagne du fait de l’apport en nitrates, les agriculteurs bretons ont dit leur colère hier. « Je suis très choqué, révolté », a déclaré Jacques Jaouen, président de la chambre d’agriculture de Bretagne. « Si l’Etat écrit de telles choses, qu’il vienne sur le terrain dire aux agriculteurs de partir !», s’est-il exclamé. « On a enrichi la Bretagne et se faire salir de cette manière, c’est inadmissible », a-t-il poursuivi. Hier, la préfecture temporisait, précisant que le document résultait de réunions « internes » et que les appréciations formulées « reflètent une évaluation de l’état des esprits en juin 2009 et nullement la position définitive de l’Etat sur ce point».

Le rapport sur les algues vertes qui accuse les agriculteurs bretons

D’après L’Express du 21.10.2009

Son rapport au Premier ministre devait rester confidentiel: le préfet des Côtes d’Armor met en cause les agriculteurs bretons dans la prolifération des algues vertes.

Le phénomène des algues vertes en Bretagne ne peut que « perdurer » car la profession agricole « n’est pas prête » à « accepter un changement profond des pratiques », écrit le préfet des Côtes d’Armor, Jean-Louis Fargeas, dans une note révélée par Le Télégramme et Ouest-France.

Cette note « confidentielle », datée du 4 septembre, publiée par les sites Internet des deux quotidiens, a été adressée au Premier ministre, au ministre de l’Intérieur et à la secrétaire d’Etat à l’Ecologie.

« La diminution visible et notable de ce phénomène ne pourra passer que par un changement profond des pratiques agricoles sur les secteurs concernés, ce que la profession agricole n’est pas prête à accepter pour le moment », s’inquiète le préfet. Le phénomène des algues vertes, apparu dans les années 70, est dû à l’apport de nitrates issus de l’agriculture.

« Il s’agit de révolutionner sur ces secteurs (…) les pratiques agricoles et changer complètement le modèle économique existant, prescrit la note. Cette évolution n’est pas envisageable pour le moment ».

Afin d’éviter que l’Etat soit de nouveau mis en cause (il a été condamné par le tribunal administratif en 2007, NDLR) et pour obtenir des résultats en la matière, « il importe néanmoins d’afficher une politique volontariste pérenne pour stabiliser ou limiter ce phénomène », a ajouté le préfet.

Pointés du doigt depuis des années, les agriculteurs bretons ont récemment redit qu’ils refusaient d’être les seuls « boucs émissaires » et insistent sur l’évolution de leurs pratiques et les efforts réalisés.

Une mission inter-ministérielle sur la prolifération des algues vertes est en cours et devra remettre ses conclusions à François Fillon en décembre.

Une décision prise après la confirmation, fin août, dans un rapport, que l’hydrogène sulfuré, un gaz qui émane notamment des algues vertes en décomposition, pouvait être « mortel » en cas de concentration importante. Ce rapport faisait suite à la mort d’un cheval fin juillet sur une plage de Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d’Armor).

L’Express et le Figaro nous font transparaître dans leur article un point de vue neutre et nous font seulement part des faits, ils ne prennent pas part au débat entre les agriculteurs et l’Etat, le lecteur doit donc se forger une opinion seul.

Notons qu’à l’heure actuelle, une instruction est en cours afin de déterminer les causes exactes du décès de Thierry Morfoisse. Cet homme de 48 ans a succombé le 22 juillet à Lantic, en baie de St-Brieuc, alors qu’il avait transporté à deux reprises des algues vertes en décomposition vers la plate-forme de stockage. Est-il mort d’une crise cardiaque « naturelle » ou a-t-il été intoxiqué par une concentration importante en hydrogène sulfuré ?

Pamela Boulanger et Marine Molière, 2nde 2

Cette revue de presse  a été réalisée au CDI avec Mme Novales, documentaliste.

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