Le développement durable : une mode ?

Patrick Cotton (viticulteur "bio") et Bruno Roche (professeur de philosophie)

Patrick Cotton (viticulteur « bio ») et Bruno Roche (professeur de philosophie)

Le concept de développement durable d’un point de vue historique est relativement récent (terme apparu en 1986). Pour l’expliquer, il faut remonter dans le temps, au 17ème siècle (révolution industrielle). En effet à cette époque l’Occident se base sur un modèle qui promulgue la technique avant tout. Pour avoir une idée de la mentalité de l’époque, il faut se référer à René Descartes et son fameux Discours de la méthode. Il est considéré comme étant le père du modèle scientifico-technique qui s’illustre facilement par cette citation de René Descartes : « Être comme maître et penseur de la nature ».

Ce modèle anthropocentrique est largement critiqué pour deux raisons : la première est que l’homme associe la science de la nature et la nature, la seconde est que l’Occident impose ce modèle comme étant universel au reste du monde (cf.  La colonisation). Il faudra attendre le 19ème siècle pour que plusieurs tragédies obligent ce modèle à se modifier. Les nouveaux objectifs sont alors l’éradication de la famine ou encore un niveau de vie décent. Apparaît le saint-simonisme avec Auguste Comte, le projet divulgué est la révolution de l’industrie (la Tour Effel de Fourvière est une illustration du saint-simonisme). Cela fonctionnait : recul de la pauvreté, hausse du bien être etc. Ce modèle va connaître son apogée lors des Trente Glorieuses (période de forte croissance économique qu’a connue entre 1945 et 1974 une grande majorité des pays développés), mais c’est en même temps que vont apparaître les premières contestations.

La science fait peur (Hiroshima et Nagasaki). La crise du modèle débutera vers la fin du 20ème siècle ; on commence à prendre conscience des dégâts sur l’environnement (marées noires, pollution de l’air, problème du recyclage des déchets etc.). Des mouvements éco-centriques font leur apparition et revendiquent le fait que l’Homme et la Nature doivent être traités sur un pied d’égalité. L’Homme est dans la Nature et non au dessus d’elle. Il ne pourra pas survivre sans la préserver. En 1979, le philosophe Hans Jonas écrit dans son livre Le Principe responsabilité, que, puisque notre pouvoir sur la nature s’est accru, il nous incombe de nouvelles responsabilités : « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre ».

Pour conclure, le concept de développement durable est aujourd’hui médiatisé mais il est peu transposé dans les actes, notamment à cause de son image (concept de riche, de pays développés, d’enfant gâté, etc.) mais aussi à cause de certaines normes de puissance supranationales. Certaines entreprises ne sont pas convaincues que l’on puisse intégrer l’idée du développement durable à l’économie : « la richesse avant la protection de l’environnement ».

Pourtant, le développement durable n’est pas une mode mais une nécessité.

Quand allons-nous en prendre conscience?

Thibault Châtelet (Terminale)

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